"Croissance et climat, l’équation chinoise est complexe"
Publié le 03-12-2009
Edouard Danjoy, directeur de l’agence française de développement à Pékin
Edouard Danjoy - Photo : Anne-Aël Durand
L’agence française de développement (AFD) collabore avec la Chine sur la question du climat. Quelles sont vos actions ? L’AFD octroyant des prêts aux pays en développement avec l’aide de l’Etat. En Chine, pays en forte croissance, on intervient uniquement sur le climat, pour financer des projets éligibles aux mécanismes de développement propre (MDP), comme la ferme éolienne de Dali, dans le Yunnan. Les économies de CO2 réalisées
engendrent des crédits carbone vendus sur le marché international. Nous tentons aussi d’influencer les politiques publiques chinoises et de créer des partenariats technologiques avec les entreprises françaises. Un grand projet est en cours dans la ville de Wuhan.
L’environnement est-il une préoccupation en Chine ? Il commence à y avoir une prise de conscience de l’opinion, liée d’abord aux pollutions locales (eaux, atmosphère) et sanitaires. Les jeunes Chinois ont été scandalisés par l’affaire du lait frelaté. Sur le climat, les effets du réchauffement ne sont pas négligeables, notamment la déforestation et la désertification dans le Nord-Ouest.
La Chine va-t-elle agir ? L’équation est complexe. Un quart des Chinois vivent avec moins de 2 dollars par jour. Il faut préserver la croissance pour la cohésion sociale. Mais la Chine est soumise à une pression externe forte en tant que premier émetteur de la planète. Les Chinois sont très pragmatiques. Quand ils ont compris leur intérêt à développer les MDP, ils se sont organisés. Les mises en œuvre sont d’une rapidité étonnante.