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Culture

SPECTACLES
Édition internationale - 2009

Brel, de Bruxelles aux Marquises

De Bruxelles aux Marquises, de 1929 à 1978, Jacques Brel a vécu l’existence qu’il souhaitait, faite de passions, d’émotions, d’amours et d’humour. Préférant l’intensité de l’existence à sa durée, il est allé jusqu’au bout de ses rêves… jusqu’à en crever. 




Dans cette biographie musicale, nous vous raconterons le destin hors du commun du fils d’un « marchand de cartons » qui a choisi de devenir « marchand de chansons ». Pour y parvenir, il a connu le temps des vaches maigres. Il a débuté « longtemps, longtemps » avant de trouver un public à qui il a tout donné, jusqu’à épuisement. Pendant quinze ans, il a chanté presque tous les soirs, combattu un trac maladif, fumé cinquante cigarettes par jour, traîné jusqu’au petit matin. Quand il a quitté la scène, au sommet de la gloire, c’est pour demeurer un homme libre, pour découvrir d’autres horizons.

Si le destin le lui avait permis, Jacques Brel fêterait, en 2009, ses quatre fois vingt ans. Trente ans après sa disparition, son âme demeure présente et ses couplets touchent plus que jamais le coeur des nouvelles générations.

Après le triomphe mondial de « Piaf, une vie en rose et noir », « Brel, de Bruxelles aux Marquises », est la seconde biographie musicale proposée par Nathalie Lhermitte, Jacques Pessis et Aurélien Noël. Ils vous feront voyager dans l’univers du « grand Jacques », en l’évoquant à leur manière, sans jamais l’imiter. Car comme Piaf, Brel est inimitable.



INTERVIEW DE NATHALIE LHERMITTE & AURELIEN NOËL

 
Nathalie Lhermitte bonjour, Aurélien Noël bonjour.
Bonjour.

Merci d’être avec nous. Première question : vous connaissiez, vous étiez deux grands fans de Brel ?
Nathalie Lhermitte. Moi pas plus que ça, je ne connaissais pas vraiment. Je connaissais les grands classiques, « Les vieux amants », « Amsterdam », « Ne me quitte pas ». Mais je crois que c’était plutôt entendu qu’écouté. Quand Jacques m’a dit : « On fait un Brel ? », je me suis mis à entendre, à écouter ce qui se passait. J’ai mesuré toute l’ampleur du travail, et la démesure d’avoir dit oui.

Aurélien, vous êtes accordéoniste. Vous accompagnez Nathalie, chanteuse. Vous connaissiez Brel ?
Aurélien Noël. Je connaissais Brel, j’ai toujours été fasciné par la puissance de Brel, aussi à travers ses accordéonistes, qui sont très connus, comme Marcel Azzola ou
Jean Corti.
 
 
 
Le seul petit regret que j’ai eu en écoutant le spectacle, c’est que j’attendais le « chauffe Marcel, chauffe ». Il n’est pas là ?
Nathalie Lhermitte. Non. Il appartient trop à Brel. Pour le coup, j’aurais eu la sensation d’être un usurpateur. Je ne peux pas faire « chauffe marcel ». Il était dans son énergie, dans sa masculinité. Ça lui appartient. Je pourrais le faire en faisait Piaf, pour la dérision, pour le côté drôle. Mais je ne peux pas le faire là, ça c’était à lui.

Aurélien Noël. C’était vraiment instantané, lors de la séance d’enregistrement en studio.

Nathalie Lhermitte. Il faut savoir que Brel, Azzola me l’a dit, c’était une prise. Ce qu’on retrouve sur les enregistrements est forcément du spontané. Avec le « Chauffe Marcel », il avait envie que ça bouge, il était énervé, donc il fait : « chauffe chauffe chauffe ». Marcel Azzola est passé à la postérité grâce à ça !

On parlait de la puissance du côté masculin de Jacques Brel. Comment une jolie chanteuse blonde peut-elle se mettre dans la peau de Jacques Brel ?
Nathalie Lhermitte. Parce que les femmes sont parfois beaucoup plus fortes et puissantes qu’on ne le croit ! Je ne sais pas. C’est aller chercher mon côté masculin. La force, c’est le parallèle avec Piaf, elle a cette force tranquille, cette puissance, cette volonté d’aller jusqu’au bout quitte à se bruler les ailes. J’aime ce côté-là, ce côté jusqu’au-boutiste.

Vous ressentez que vous êtes dans la peau de Brel par moment ?
Nathalie Lhermitte. Non, je ne ressens pas du tout être dans la peau de Brel, pas plus que dans celle de Piaf d’ailleurs. Ce que j’essaie de ressentir, ce que je vis, c’est comme si je m’ouvrais en deux et advienne que pourra. Je m’ouvre en deux, et si je meurs, tant pis, je m’en fous, il faut que j’ouvre.

Aurélien, être accordéoniste sur scène sur des chansons de Brel, c’est un vrai symbole ? Une sorte d’accomplissement pour un accordéoniste ?
Aurélien Noël. C’est surtout extrêmement difficile, par rapport à la profondeur du répertoire et de l’interprétation de Nathalie. On ne peut pas envoyer plus. Du coup, pour suivre tout ça et la porter, je n’ai pas le choix, je suis obligé de tout donner
aussi !

Brel, c’est de la puissance mais pas seulement, c’est beaucoup de retenue. Ce n’est pas simple en fait.
Nathalie Lhermitte. Rien n’est simple. En même temps, ce genre de chansons, c’est de l’or en barre. Quand on est un minimum curieux et qu’on aime les histoires, parce que chaque chanson est une histoire, c’est du luxe. Le pire pour quelqu’un qui aime les mots et qui aime interpréter, c’est une chanson qui ne veut rien dire. C’est terrible. Quand une chanson raconte une histoire, qu’elle vous montre des lumières, des couleurs, c’est fantastique. C’est difficile, mais je ne vais pas m’en plaindre, c’est un cadeau.

Il y a aussi un petit jeu d’acteur auquel vous participez, Aurélien, de temps en temps sur scène. C’est nouveau pour un musicien, de participer à ce petit jeu d’acteur aux côtés de Nathalie ?
Aurélien Noël. C’est complètement nouveau et c’est très intéressant.

Nathalie Lhermitte. C’est jouer, il joue et il joue, deux façons de jouer différentes. On s’amuse, vous savez, ce n’est pas sérieux ce qu’on fait.

Le spectacle va partir en tournée, est-ce que vous avez eu quelques échos de proches, de ceux qui ont connu Brel et qui l’ont vu chanter ?
Nathalie Lhermitte. Pas encore. On en a eu énormément sur Piaf, puisqu’on a fait plus de 600 représentations. Quelques uns sont venus nous voir, mais pas encore sur Brel. Je ne veux pas savoir quand ils viennent. C’est terrible, on se sent observé, regardé à la loupe.

Aurélien Noël. On n’a pas le droit à l’erreur.

Nathalie Lhermitte. De toute façon, sur ce genre de répertoire, on n’a pas le droit à l’erreur. Le tout, c’est d’être le plus sincère possible.
 

Vous travaillez avec Jacques Pessis, un puits de science de la chanson française. On sent, quand on parle avec lui, son amour de la chanson française. Il est intarissable. C’est une vraie rencontre, j’imagine, pour vous, et en même temps une bouffée d’adrénaline puisqu’il est sur scène avec vous, il vous motive ?
Nathalie Lhermitte. Je pense qu’on a trois énergies très différentes, chacun dans son univers. Je pense que ce que disait Jacques est vrai, on est assez complémentaire, moi dans la force, Aurélien dans la force tranquille, et Jacques, avec son côté Charles Trenet, les grands yeux écarquillés, toujours émerveillé. Ce sont trois énergies différentes qui se complètent, trois éléments importants.

Merci beaucoup et au revoir Nathalie et Aurélien.
Merci. Au revoir, à bientôt.


INTERVIEW REALISEE PAR PHILIPPE MARTY

Tele-vision.fr
176 avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine
Téléphone 01 80 92 55 90 - fax 01 80 92 55 99




 
De Bruxelles aux Marquises, une biographie musicale de Jacques Pessis avec Nathalie Lhermitte et Aurélien Noël
  
Du 19 novembre 2009 au 02 janvier 2010
au Théâtre Dejazet.
Du mardi au samedi à 19h
Matinée le samedi à 16h30

41 Boulevard du TempleParis 3 ème
Métro République 
Location : +33 (0)1 48 87 52 55 

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