Les Français qui auraient caché des lingots en Suisse sont prévenus : leur argent n’est plus à l’abri dans les coffres-forts helvétiques. Pire, le fisc est peut-être déjà sur leur trace. Le ministre du Budget, Eric Woerth, a annoncé hier dans le JDD que la France disposait d’une liste de 3 000 contribuables soupçonnés d’avoir des comptes non déclarés en Suisse
Ces comptes, détenus dans seulement trois banques sur les 327 qu’abrite le pays, représentent une somme colossale : 3 milliards d’euros. Les contribuables qui craindraient d’être visés ont jusqu‘au 31 décembre pour se dénoncer, sous peine de contrôle fiscal carabiné. Les banques installées en France seront aussi fermement invitées à livrer le nom des fraudeurs.
Avec cette menace, la France monte d’un cran dans la lutte contre l’évasion fiscale. Jusqu’à présent, la "cellule de régularisation" créée en avril, qui permet aux fraudeurs d’échapper
à des poursuites pénales s’ils se dénoncent, a eu très peu d’impact : seules vingt régularisations ont été effectuées. En ciblant la Suisse, Bercy s’offre une proie de choix : 40 milliards d’euros d’avoirs hexagonaux y dorment officiellement.
L’étau se resserre d’ailleurs sur les « évadés fiscaux » du pays : la révélation d’Eric Woerth intervient deux jours seulement après la signature d’un accord avec les autorités helvétiques levant la protection du secret bancaire. A trois semaines du prochain G20, la France adresse aussi un nouveau message aux pays qui, comme la Suisse, multiplient les accords pour sortir de la "liste grise" des paradis fiscaux.