Les détritus de Naples pourraient aller en Allemagne et en Suisse
Publié le 18-01-2008
Le ville de Naples est recouverte par plus de cent tonnes d’ordures.
Le sort des déchets napolitains pourrait se résoudre, en partie, hors des frontières italiennes. L’Allemagne et la Suisse sont en effet désignées comme terres d’accueil pour une partie des 110 000 tonnes d’ordures qui s’amassent dans les rues de la ville italienne depuis décembre.
“La poubelle de l’Italie” Ainsi, 30 000 tonnes d’ordures compressées devraient atterrir en l’Allemagne, et des négociations sont en cours avec la Suisse. La polémique fait rage dans ces deux pays, qui ne souhaitent pas devenir “la poubelle de l’Italie”, comme l’a souligné un éditorial du quotidien suisse Le Matin. Il existe des raisons économiques qui expliquent l’intérêt croissant pour les déchets. “Nous avons une surcapacité de traitement de 20 000 tonnes par an”, explique Christine Ley, porte-parole des Services industriels genevois (SIG), l’une des entreprises intéressées au traitement des
déchets napolitains. C’est un manque à gagner. Deuxièmement, avec l’incinération, la SIG, par exemple, alimenterait 25 000 foyers de l’agglomération genevoise en chauffage et en eau chaude et injecterait de l’électricité dans le réseau. Enfin, “si nous ne prenons pas ces déchets, il y a des risques qu’ils finissent dans une décharge à ciel ouvert, explique Christine Ley. En décharge, ils produisent du méthane, plus toxique que le CO2 émis par l’incinération.” Les Suisses s’inquiètent néanmoins de l’ingérence de la Mafia dans la gestion des déchets napolitains. La SIG précise, de son côté, que les déchets ne peuvent arriver que par rail, ce qui rend les opérations plus chères. Un facteur qui devrait décourager l’ingérence de la Mafia, qui s’accapare le marché grâce à des prix cassés.