Eric Raoult est le rapporteur de la commission parlementaire sur le port du voile intégral qui rend ses conclusions mardi.
Vous venez de vous entretenir avec François Fillon pour lui présenter les conclusions de la mission parlementaire sur le voile intégral que vous allez remettre mardi au président de l’Assemblée nationale. Qu’en est-il ressorti ? Je voulais que le Premier ministre ait la primeur sur ce rapport qui contient des dispositions d’ordre réglementaire, qui concernent donc le gouvernement.
Mais qu’en est-il ressorti ? Qu’est-ce que la mission préconise ? Elle préconisera, dans le rapport que je rendrai mardi à Bernard Accoyer, l’adoption d’une résolution, qui est un accord républicain unanime mais, il est vrai, pas contraignant. Elle préconisera aussi un accord sur des dispositions réglementaires et d’autres dispositions législatives, qui pourront reprendre soit la proposition de l’UMP (initiée par Jean-François Copé, qui plaide pour une résolution assortie d’une loi d’interdiction générale du port du voile intégral dans l’espace public, ndlr) soit d’autres propositions, comme l’interdiction du voile dans les transports ou à l’université. Il faut faire une synthèse de tout cela, de manière à obtenir une loi juste et efficace. L’objectif est de renouveler la concorde qu’il y avait eu sur la loi sur les signes religieux à l’école, que 96% des députés avaient approuvée. Le but est que personne ne tire le voile à soi. Ce qu’il convient d’obtenir n’est pas tant un succès politique pour tel ou tel mais qu’il y ait de moins en moins de femmes qui portent le voile intégral sur notre territoire.
Référence explicite à Jean-François Copé, qui a coupé l’herbe sous le pied de la mission en présentant en avant-première sa proposition de loi pour le groupe UMP ? Je ne cible personne. Mais il faudrait que la résolution soit écrite avec cinq ou six stylos différents et que la loi ne soit pas celle d’un groupe politique mais d’une majorité parlementaire, sans que personne ne perde la face.
Le président de la mission parlementaire, André Gérin, a déclaré que ces six mois de travaux lui ont permis de se rendre compte que " le problème était encore plus grave" qu’il ne le pensait. Etes-vous d’accord ? Oui, le voile intégral cache un iceberg inquiétant de repli identitaire, qui met un certain nombre de femmes en dehors de la communauté nationale. Pour être allé à Lyon, Marseille, en Belgique, à Damas, à Abu Dhabi, je peux témoigner que le voile intégral est une appropriation des femmes qui n’est pas de l’ordre de la République.